À l’arrivée des fortes chaleurs, certaines mares changent rapidement d’aspect. L’eau devient verte ou trouble, des filaments apparaissent à la surface et une végétation dense peut finir par recouvrir une grande partie du plan d’eau.
Cette évolution est parfois saisonnière. Une mare est un milieu vivant qui change naturellement au cours de l’année. Cependant, une prolifération rapide et importante d’algues peut aussi signaler un déséquilibre : excès de nutriments, manque d’ombre, accumulation de matière organique, faible renouvellement de l’eau ou envasement avancé.
Faut-il retirer les algues, installer une pompe ou curer entièrement la mare ? Avant d’intervenir, il est indispensable d’identifier l’origine du problème. Une solution trop brutale peut améliorer temporairement l’apparence de l’eau sans rétablir durablement son équilibre.
Pourquoi l’eau d’une mare devient-elle verte ?
La couleur verte peut provenir de différents organismes. Il peut s’agir d’algues microscopiques en suspension dans l’eau, d’algues filamenteuses ou de végétaux flottants comme les lentilles d’eau.
Ces phénomènes ne présentent pas exactement les mêmes causes ni les mêmes risques. Une observation du milieu est donc nécessaire avant de choisir une intervention.
Plusieurs facteurs peuvent favoriser leur développement.
Une eau chaude et très exposée au soleil
Lorsque la température augmente, certaines algues se développent rapidement, particulièrement dans une eau peu profonde et fortement exposée au soleil.
Une mare dépourvue d’arbres, d’arbustes ou de végétation sur ses berges reçoit davantage de lumière. Cette exposition peut favoriser la croissance des algues pendant l’été.
Une végétation adaptée autour d’une partie de la mare peut apporter de l’ombre et limiter son réchauffement. L’Office français de la biodiversité souligne que l’ombrage contribue à réguler la croissance des algues dans les eaux riches en nutriments.
Toutefois, entourer complètement la mare d’arbres n’est pas forcément souhaitable : une accumulation importante de feuilles mortes pourrait augmenter les apports de matière organique. Il faut rechercher un équilibre entre secteurs ensoleillés et secteurs ombragés.
Un excès de nutriments
Les algues utilisent notamment l’azote et le phosphore présents dans l’eau. Lorsque ces éléments deviennent trop abondants, leur développement peut s’accélérer.
Les nutriments peuvent provenir :
- du ruissellement des parcelles voisines ;
- des engrais et fertilisants ;
- des déjections du bétail ou des animaux ;
- de feuilles et de végétaux en décomposition ;
- des aliments distribués en trop grande quantité aux poissons ;
- d’eaux chargées en matières organiques ;
- de sédiments accumulés au fond de la mare.
Ce phénomène d’enrichissement excessif du milieu est appelé eutrophisation. Selon l’INRAE, il peut provoquer des perturbations importantes dans les milieux aquatiques et affecter leur fonctionnement écologique.
Une accumulation de vase et de végétaux morts
Avec le temps, les feuilles, les branches et les plantes mortes s’accumulent au fond de la mare. Leur décomposition produit progressivement une couche de vase riche en matières organiques.
Cette évolution est naturelle. Une mare finit progressivement par se combler si aucune intervention n’est réalisée pendant de nombreuses années.
Toutefois, une accumulation importante peut réduire la profondeur disponible, favoriser le réchauffement de l’eau et libérer des nutriments qui alimentent les algues.
Cela ne signifie pas qu’un curage complet soit automatiquement nécessaire. L’épaisseur de vase, la profondeur restante, la présence d’espèces animales et végétales ainsi que l’alimentation en eau doivent être examinées avant toute décision.
Une eau peu renouvelée
Une mare peut être alimentée par la pluie, le ruissellement, une source ou une nappe souterraine. En période sèche, son niveau peut fortement diminuer et l’eau se renouveler beaucoup moins.
La concentration en nutriments augmente alors, tandis que la température de l’eau s’élève. Ces conditions peuvent favoriser une prolifération d’algues.
La présence d’algues est-elle toujours inquiétante ?
Non. Les algues font naturellement partie des milieux aquatiques et participent à leur fonctionnement. Une petite quantité d’algues ou une évolution saisonnière de la couleur de l’eau ne signifie pas nécessairement que la mare est en mauvais état.
La situation devient plus préoccupante lorsque les algues recouvrent rapidement une grande partie de la surface ou lorsque d’autres symptômes apparaissent.
Les signes à surveiller sont notamment :
- une eau très verte, opaque ou anormalement trouble ;
- un tapis épais d’algues à la surface ;
- une odeur forte ou désagréable ;
- la disparition rapide de certaines plantes ;
- des poissons venant respirer à la surface ;
- la présence de poissons ou d’amphibiens morts ;
- une baisse importante du niveau d’eau ;
- une vase très épaisse et noire ;
- une prolifération qui réapparaît immédiatement après chaque retrait.
Lorsque les algues meurent et se décomposent, les micro-organismes mobilisent une partie de l’oxygène présent dans l’eau. Une prolifération importante peut ainsi être suivie d’un manque d’oxygène, particulièrement pendant les nuits chaudes ou après la disparition brutale des algues.

Attention aux cyanobactéries
Une eau verte ou un dépôt coloré ne permet pas, à lui seul, de confirmer la présence de cyanobactéries. Une analyse peut être nécessaire pour identifier précisément les organismes présents.
Certaines cyanobactéries sont toutefois susceptibles de produire des toxines présentant un risque pour les humains et les animaux. L’Anses recommande donc une vigilance particulière en présence d’une prolifération inhabituelle.
En cas de doute :
- évitez de vous baigner ou de manipuler l’eau ;
- empêchez les enfants de jouer dans la mare ;
- ne laissez pas les chiens ou le bétail boire cette eau ;
- évitez de consommer des poissons provenant du plan d’eau ;
- ne dispersez pas les dépôts ou écumes à mains nues ;
- demandez un avis compétent si l’aspect de l’eau est inhabituel.
Une couleur intense, une écume, des amas flottants ou une mortalité animale doivent conduire à prendre des précautions, sans conclure automatiquement qu’il s’agit de cyanobactéries.
Les erreurs à éviter face à une mare verte
Verser immédiatement un produit anti-algues
Un produit peut détruire rapidement les algues visibles sans supprimer leur cause. Leur décomposition peut ensuite consommer de l’oxygène et aggraver le déséquilibre.
Un traitement chimique peut également affecter d’autres organismes présents dans la mare. Il ne doit pas être utilisé sans avoir étudié sa composition, ses effets et la réglementation applicable.
Retirer toute la végétation
Les plantes aquatiques ne sont pas nécessairement responsables du problème. Elles peuvent utiliser une partie des nutriments, apporter de l’ombre et constituer des habitats pour la faune.
Supprimer toute la végétation peut libérer de l’espace et des nutriments au bénéfice des algues. L’intervention doit donc rester sélective.
Vider complètement la mare
Une vidange brutale peut détruire une grande partie de la vie aquatique et provoquer le rejet d’une eau chargée en vase ou en nutriments vers l’environnement.
Elle peut également nécessiter des précautions ou des démarches particulières selon la configuration de la mare, sa connexion avec d’autres milieux et les espèces présentes.
Curer sans diagnostic
Le curage peut être utile lorsqu’une mare est fortement envasée, mais il ne constitue pas une réponse systématique à la présence d’algues.
Une intervention excessive peut :
- supprimer la végétation aquatique ;
- détruire des habitats ;
- remettre les sédiments en suspension ;
- perturber les amphibiens et les autres espèces ;
- fragiliser les berges ;
- disperser des plantes invasives ;
- modifier le fonctionnement de la mare.
Lorsque le curage est justifié, une intervention partielle et progressive peut être préférable à un retrait complet des sédiments.
Quelles solutions permettent de restaurer l’équilibre ?
La bonne solution dépend de la cause du problème. Plusieurs actions peuvent être envisagées après observation de la mare.
Identifier et réduire les apports de nutriments
Il faut d’abord rechercher l’origine des apports : ruissellement, fertilisation, déjections animales, feuilles mortes, alimentation des poissons ou rejet d’eau chargée.
Une bande végétalisée autour de la mare peut contribuer à ralentir le ruissellement et à retenir une partie des matières transportées avant qu’elles n’atteignent l’eau.
L’accès direct du bétail peut également être limité et remplacé par un point d’abreuvement aménagé afin de réduire le piétinement des berges et les apports organiques.
Retirer une partie des algues
Un retrait mécanique peut être envisagé lorsque des algues filamenteuses forment des amas importants. Cette action doit rester progressive afin de ne pas bouleverser brutalement le milieu.
Les végétaux retirés doivent être déposés suffisamment loin de l’eau pour éviter que les nutriments ne retournent immédiatement dans la mare. Il faut également vérifier qu’aucun animal aquatique n’est piégé dans les amas.
Ce retrait améliore temporairement la situation, mais les algues reviendront si la cause du déséquilibre n’est pas corrigée.
Conserver une végétation adaptée
Les plantes des berges et certaines plantes aquatiques participent au fonctionnement de la mare. Elles stabilisent les sols, utilisent une partie des nutriments et offrent des zones d’abri et de reproduction.
L’objectif n’est pas de laisser toute la végétation envahir la surface, mais de maintenir une diversité de zones : eau libre, végétation aquatique, berges plantées et secteurs partiellement ombragés.
Gérer l’ombre autour de la mare
La conservation ou la plantation d’une végétation adaptée sur une partie des berges peut limiter l’exposition au soleil et le réchauffement de l’eau.
Cette solution doit être pensée à long terme. Les essences, leur emplacement et leur développement futur doivent être adaptés à la taille de la mare et à la stabilité des berges.
Envisager un curage raisonné
Lorsque la mare a perdu une grande partie de sa profondeur et que la vase occupe un volume important, un curage peut devenir nécessaire.
Avant les travaux, il faut déterminer :
- la quantité et la nature des sédiments ;
- les possibilités d’accès des engins ;
- la destination des matières retirées ;
- la période d’intervention ;
- la présence d’amphibiens ou d’espèces protégées ;
- les conséquences sur les berges ;
- les éventuelles démarches réglementaires.
Selon la situation, le curage peut être réalisé par secteurs afin de conserver une partie des habitats et de faciliter la recolonisation du milieu.
Faut-il vérifier la réglementation avant d’intervenir ?
Oui. Une mare peut être connectée à un cours d’eau, située dans une zone humide ou accueillir des espèces protégées. Une vidange, un curage, une modification des berges ou un rejet vers le milieu naturel peuvent alors être encadrés.
La réglementation dépend notamment de la surface, de la localisation, de la nature des travaux et des effets possibles sur l’eau et les milieux naturels.
Avant une intervention importante, il est prudent de consulter la mairie, la Direction départementale des territoires ou le service chargé de la police de l’eau.
L’absence d’eau visible pendant l’été ne signifie pas nécessairement que la mare ou le terrain ne présente aucun intérêt écologique ou réglementaire.
Votre mare devient verte ou se couvre d’algues ?
La couleur de l’eau ne suffit pas pour choisir une solution. Avant d’utiliser un produit, de retirer toute la végétation ou d’engager un curage, il faut comprendre le fonctionnement de la mare et l’origine du déséquilibre.
Renouveau Aquatiques accompagne les propriétaires, agriculteurs et collectivités pour :
- observer l’état général d’une mare ;
- identifier les causes possibles d’une prolifération végétale ;
- entretenir la végétation des berges ;
- réduire les apports liés au ruissellement ;
- restaurer des berges dégradées ;
- étudier la nécessité d’un curage ;
- aménager des accès adaptés pour le bétail ;
- définir une gestion progressive et respectueuse du milieu.
Nous intervenons principalement en Aveyron ainsi que dans le Lot, le Cantal et la Lozère.
Votre mare change rapidement de couleur, dégage une odeur inhabituelle ou se couvre entièrement d’algues ? Contactez Renouveau Aquatiques pour organiser une première observation et déterminer les actions réellement nécessaires.
Téléphone : 07 77 86 26 19
E-mail : renouveau-aquatiques@outlook.fr
Ensemble, restaurons nos écosystèmes.
Sources
- INRAE — L’eutrophisation : mieux comprendre pour mieux gérer
- Office français de la biodiversité — Les dispositifs de type plan d’eau et le rôle de la végétation
- Office français de la biodiversité — Fonctionnement des zones tampons
- Anses — Les cyanobactéries en questions
- Légifrance — Article R.214-1 du Code de l’environnement

